Romain Thiery

REQUIEM POUR PIANOS

Romain Thiery

Il est certain que la série dite « des pianos » témoigne du double attachement de l’artiste Romain Thiery à la musique et à la photographie. Il en parle d’ailleurs comme étant toutes deux de ses passions. 

C’est ainsi qu’une centaines de clichés prennent appui sur l’objet central qu’est un piano. Souvent édenté, parfois démembré, mais trônant orgueilleusement. Imposant et incongrue, il est là ;  là où régnaient, il y a peu de temps encore, la grâce, le luxe et l’image d’une nouveauté qui à l’époque appelât au respect.

Dans un désordre posant à lui seul mille questions, s’érige donc un piano qui, même couvert de son épaisse poussière, n’en fini pas d’imposer sa noblesse ; cette grandeur enracinée dans les tréfonds de notre culture. Et à la technique du photographe de nous jeter à la figure cette arrogante beauté qui bientôt relègue tout le reste au second plan.

Tout d’abord, le photographe a bien compris que tout s’emporte, sauf un piano à queue. Les habitants sont partis un jour avec leurs effets et sans doute les meubles. Par jeu, les vandales ont saccagé le reste ; rarement le piano à queue. L’idée de sacrilège serait-elle présente même chez les esprits destructeurs ? Mais ce que l’image veut nous montrer, c’est aussi le poids des codes ; et que peut-on trouver de mieux pour cela qu’un instrument de deux cent cinquante kilos de fonte délicieusement serti de bois précieux. La force (et le poids) de la reconnaissance sociale deviendrait-elle un jour encombrement ? Romain Thiery veut-il nous parler du piano objet, ou du piano outil ?

Requiem pour pianos 11 | Serie Requiem pour pianos | Romain Thiery | France

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